vendredi 15 février 2008

A force de piétiner, on creuse son trou

"Je préfère avancer dans le chaos que piétiner dans l'ordre",
affirme Christian Streiff, PDG de Peugeot-Citroën dans Le Monde du 13 février dernier.

A force de piétiner, on creuse son propre trou effectivement...

L'innovation d'une part et l'ordre, le respect des institutions passées, le conservatisme, la tradition, etc. d'autre part, sont contradictoires. Mais dans notre monde qui change à vitesse sans cesse croissante, qui n'avance pas ... recule. Il serait bon que ceux qui se sentent investis de la charge de garantir l'avenir de l'association réalisent que trop de contrôle est nuisible. En voici un exemple, tiré de l'ouvrage "La pratique de la Chine" de André Chieng (Grasset, 2006, p. 199) :
La planification était un mauvais instrument pour réaliser l'adéquation entre l'offre et la demande. Au moment de la Révolution culturelle, quand on envoyait les jeunes gens en masse dans les campagnes, il fallait leur couper les cheveux à ras. Survint alors une pénurie de tondeuses, ce qui fut rapporté au Plan, qui décida d'ordonner la mise en fabrication de tondeuses. Mais le temps que la décision soit prise, que les usines soient désignées, les fonds réunis, les matières premières définies, les investissements en matériel réalisés, quand les nouvelles tondeuses sortirent des lignes, les jeunes gens étaient rentrés des campagnes et les tondeuses restèrent en stock car personne n'en voulait.
La bureaucratie et la planification soviétique ont mené l'URSS au chaos. Au RIF, il arrive que l'on entende ces discours dépassés. Ainsi quand une demande est transmise au CA, celui crée un GRP (groupe de réflexions et de propositions) dont quelques mois plus tard sort éventuellement une proposition sur laquelle le CA peut légitimement s'assoir dessus ... et ne s'en prive pas. Ceci est profondément démotivant et doit être reconsidéré.

Un exemple ? La représentativité des Animateurs. L'audit externe de fin 2006/début 2007 a mis en évidence un manque de communication entre les instances dirigeantes et le corps des animateurs. Ces derniers se plaignent de ne pas être entendus, même en criant fort comme nous avons pu le constater à l'automne 2007 (j'y reviendrai dans un futur billet).

Le CA décide en juillet 2007 de la constitution d'un GRP intitulé "Représentativité des Animateurs dans les instance du RIF". Un responsable est nommé, qui envoie des invitations à participer le 21 septembre. Les réunions se tiennent durant l'automne et les conclusions sont présentées au CA du 15 décembre 2007. Ces conclusions sont à quelques mots près les recommandations proposées par le cabinet d'audit du printemps. Joli exemple de processus démocratique ? Oui, à ceci près que les dispositions doivent encore être soumises à l'aval de l'assemblée des adhérents au printemps 2008 pour une mise en application éventuelle à l'élection des administrateurs suivante, au printemps 2009... Si les choses ne changent pas d'ici là !

Pendant ce temps là, un animateur qui agit sur le terrain, développe des activités nouvelles réussies et appréciées se fait censurer comme un malpropre : sa contribution écrite pour que les animateurs soient mieux entendus n'est pas transmise au GRP ad hoc ! Les actes concrets vont à l'exact inverse des discours et des recommandations. Ne sont pris en compte que les avis allant dans le sens de ceux qui devraient les entendre. Ceci est proche de la manipulation.

N'ont pas été entendues la proposition de pratiquer la marche nordique il y a quelques années déjà (AH), ni celle d'encourager l'usage du GPS de randonnée (NL), etc. Le CA ne manifestant apparemment pas une capacité d'écoute suffisante pour que ces opportunités de développement soit mises en oeuvre, j'ai proposé qu'un vice-président soit chargé de les prendre en compte et d'en rendre compte au CA ainsi qu'aux adhérents réunis annuellement en assemblée générale (résolution n° 1).

Ce vice-président aura à combattre la bureaucratie interne ... et le conservatisme naturel du Conseil d'Administration. Il s'agit de faire en sorte que le contrôle, nécessaire, ne soit pas systématiquement privilégié au détriment du chaos associé à une innovation ; il convient qu'un dirigeant se sente l'ambassadeur des adhérents et des animateurs proposant des initiatives et les soutienne. Alors le RIF pourra retrouver son leadership de premier club de randonneurs en Ile de France.