Avec le temps, toute organisation met en place des conventions relative à son fonctionnement. De plus en plus de conventions : ceci est évalué positivement ; cela négativement... Ces conventions sociales se figent dans des règlements et des procédures, et pendant ce temps l'environnement devient de plus en plus complexe et évolue de plus en plus rapidement. Pour y répondre l'organisation se dote de nouvelles procédures. A la fin, c'est le blocage. L'organisation, coincée dans une armure de règles et d'habitudes ne peut plus répondre. La crise est inévitable.
Tous les systèmes sociaux vivent des périodes de crise, où l'adaptation n'est plus possible sans changer les conventions : il faut réviser le cadre de référence.
En France, notre histoire est marquée par le Révolution qui mit fin à une royauté incapable de résister aux audaces des penseurs des Lumières : Diderot, Voltaire, etc. Certains d'entre nous ont vécu mai 68, dont l'anniversaire approche. Les oripeaux de l'après-guerre ont alors été lavés et essorés. Et la France s'en est sortie à chaque fois plus forte pour de nouveaux défis, entreprenante.Nous constatons que le RIF est gangrèné par l'immobilisme. Les personnes en charge de le conduire n'osent plus prendre la moindre initiative ; les rares audacieux ayant tenté de faire bouger ce système bureaucratique de caciques un peu trop loin des réalités du terrain ont été écartés, radiés parfois. Que pas une seule tête ne dépasse sinon : exécution ! J'ai été sous la menace d'une telle issue pour avoir osé demander selon les bonnes formes la démission du Conseil d'Administration après avoir constaté son incurie quelque temps avant le passage du programme au très tendance Noir et Gris.
Le dernier éditorial de notre Président fustige ceux qui attaquent notre association de l'extérieur. Je ne fais pas partie de ces gens "de l'extérieur" et ne me sens pas visé donc. Mais ces personnes feraient oeuvre utile dès lors que de l'intérieur toute réforme est quasi impossible, avec les conséquences que nous savons. Nos dirigeants vont nous rendre compte du résultat du mandat que nous leur avons donné : décrépitude. Notre RIF a mal supporté les poids des ans et s'irrite à la moindre critique.
Un système incapable de s'adapter est condamné. Ses conventions doivent être écartées avant de reconstruire, avec pour une bonne part les vieilles pierres, une organisation nouvelle, libérée de toutes ces chaines qui l'entravaient précédemment. La convention explicitée dans notre règlement intérieur alléguant que sans contestation possible, en tout lieu, à tout moment, "c'est le CA qui décide" doit être réexaminée. Que cet examen ne convienne pas au CA est compréhensible : il résistera de toutes ses forces pour conserver les pouvoirs qu'il s'est attribués sans raison légitime.



